Camps de Tindouf:  Silence, on tue

 

Répression, torture et meurtre à huis clos à Tindouf       

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L'UE appelée à intervenir pour demander à Alger "d'assurer la protection des populations séquestrées sur son territoire"

Bruxelles, 06/06/06 - L'ambassadeur du Maroc auprès des communautés européennes, M. Menouar Alem, a appelé mardi les différents responsables européens à une intervention urgente de l'UE en vue de "mettre fin à la vague de répression menée par le polisario" et pour demander à l'Algérie "d'assurer la protection des populations séquestrées sur son territoire".

Face à la situation alarmante dans les camps de Tindouf, en territoire algérien, qui "risque de conduire à une catastrophe humanitaire, une diligente intervention de votre part est vivement sollicitée en vue de mettre fin à cette vague de répression", a insisté l'ambassadeur dans des lettres adressées à M.

Javier Solana, Haut représentant pour la Politique extérieure et de Sécurité commune de l'UE, ainsi qu'à la Commissaire européenne chargée des relations extérieures et de la Politique de Voisinage, Mme Benita Ferrero-Waldner et au président du Parlement européen, M. Josep Borrell.

Dans ces lettres adressées également à tous les membres du Parlement européen et à plusieurs hauts responsables de la Commission et du Conseil de l'UE, l'ambassadeur rappelle que le soulèvement des populations des camps de Tindouf depuis le 29 mai dernier, intervient au lendemain de la visite d'une mission du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme dans la région.

Les manifestations, qui se sont déclenchées en réaction à l'arrestation et aux sévices infligés à M. Habbadi Ould Mohamed Lamine Ould Hmimed, nécessitant son transfert à un hôpital dans un état critique, ont "été sauvagement réprimées par les éléments du polisario", a-t-il expliqué.

Ces derniers ont également procédé à des arrestations, exacerbant la tension, et provoquant une grande marche des populations séquestrées vers les locaux de la direction du "polisario". D'autres manifestants ont "essayé de rejoindre les campements de la MINURSO mais en ont été empêchés par les forces du polisario", a précisé la lettre.

Selon un premier bilan, une personne a succombé à ses blessures alors que près d'une vingtaine sont blessées, dont 5 dans un état grave, et une vingtaine d'autres arrêtées.

La détérioration de la situation a provoqué une vive inquiétude parmi de nombreux citoyens au Maroc et en Europe, qui sont préoccupés par la sécurité des membres de leurs familles dans les camps de Tindouf.

Ces familles sont restées sans aucune nouvelle des leurs depuis que les autorités algériennes ont coupé, le 1er juin, toutes les liaisons téléphoniques et moyens de communication avec le monde, a ajouté l'ambassadeur.

Cette politique délibérée d'isolement total des camps est "d'autant plus flagrante que le polisario a décidé de suspendre, de manière unilatérale, l'opération d'échange de visites familiales, programmée par le HCR, dans le cadre des mesures de confiance".

Cette opération dont la reprise était prévue, le 2 juin dernier, "devait bénéficier à plus de 12.000 personnes, conformément à la dernière résolution (1675 du 28 avril 2006) du Conseil de sécurité des Nations Unies", a insisté M.Alem.

Le "blocus imposé aux camps de Tindouf et la politique de répression systématique qui y sévit, depuis trois décennies, ont déjà fait des centaines de morts et de disparus, tant parmi les populations des camps que parmi les ex-détenus marocains, au demeurant signalés, à plusieurs reprises, par les ONG internationales", a-t-il ajouté.

L'ambassadeur a enfin appelé les responsables européens à intervenir pour "mettre fin à cette vague de répression menée par le polisario et demander instamment à l'Algérie d'assumer toutes ses responsabilités pour assurer la protection des populations séquestrées sur son territoire, d'arrêter les auteurs de ces exactions et de les traduire devant la justice, conformément au droit humanitaire international".