Camps de Tindouf:  Silence, on tue

 

Répression, torture et meurtre à huis clos à Tindouf        

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Camps de Tindouf: Silence, on tue

Par Abdelaziz Ouedrhiri-


Rabat, 02/06/06- Silence, on tue. Tel semble être le mot d'ordre que se sont lancés les exterminateurs en faction dans les camps de Tindouf, au sud de l'Algérie, isolés du reste du Monde depuis jeudi soir.

Estampillés désormais secrets, ces camps sont soumis à la loi du silence, celui faisant craindre le pire.

Où est la presse espagnole qui raffole tant de tout ce qui touche de près ou de loin au Maroc ? Où sont ces grandes agences dont le silence pesant en dit long sur le peu de cas qu'elles font du sort de milliers de personnes dans les camps de Lahmada ?.

Pourquoi l'ONU tarde-t-elle à réagir ?

Où est cette Union Africaine qui se targue tant de défendre les Africains contre l'oppression et la dictature ?

Où sont toutes ces Organisations et Associations internationales des droits de l'homme qui s'agitent parfois pour des faits banals mais qui se permettent de ne piper mot au moment où la vie de populations sans défense est en jeu ?

Où sont Amnesty International, Human Rights Watch et d'autres organisations du genre dont la vocation est précisément de défendre les droits de l'homme là où ils sont bafoués ?.

Pourquoi la Mission du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme (HCDH), qui a visité le Maroc et Tindouf, a-t-elle annulé l'étape d'Alger où, pourtant et comme tout le monde sait, sont tirées toutes les ficelles de la question du Sahara?.

Nulle réponse à cela. Le Maroc est dans l'attente d'explications. Il l'a fait savoir par un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération. Reste à espérer que l'explication sera convaincante.


Le même silence entoure les autres questions, un silence certes pesant mais interpellateur des consciences et mobilisateur de tous ceux véritablement épris de justice, d'équité et de droits humains.

Le dernier épisode de la purge menée par le "polisario", qui rappelle de sombres périodes de l'histoire de l'humanité, avait commencé mardi dernier.

Les séquestrés des camps, parmi lesquels un grand nombre de membres de la tribu "R'guibate Laâyaycha", étaient alors sortis en masse pour manifester après que Habbadi Ould Hmimed, un des notables de cette tribu, ait été sauvagement agressé par un soi-disant commissaire d'une "police du polisario".

Ces manifestations ont révélé, une nouvelle fois, la véritable nature du "polisario", celle de secte démoniaque et sanguinaire prête à saigner à mort tous ceux qui oseraient s'opposer à sa dictature ou se démarquer de sa ligne.
Sous l'oeil protecteur de l'Algérie.

Dans sa répression sauvage, la horde à la solde des séparatistes n'épargne personne. Ni les femmes, ni les enfants, ni les vieillards, et encore moins les hommes. Nul n'échappe à la cruauté de ces exterminateurs agissant en fidèles exécutants des consignes de leur gourou.

Bilan de la première journée de répression: des dizaines de blessés graves et autant d'arrestations. Puis, plus rien. Silence, les lignes téléphoniques ayant été coupées. La honte.

Par la volonté de l'Etat algérien, personne ne peut espérer avoir la moindre bribe d'information sur ce qui s'y passe.

Face à cet isolement planétaire, des voix se sont élevées pour mettre en garde contre un carnage, parmi lesquelles celles de plusieurs Associations et familles sahraouies à Laayoune et en Europe. La crainte est grande pour la vie des séquestrés à Tindouf.

Sans foi ni loi, les milices polisariennes usent de toutes les formes de sadisme et de bestialité primitive pour étouffer la voix des manifestants, une voix porteuse d'espoir qu'un jour proche viendra où ils pourront enfin regagner leur pays, le Maroc.

Les foules ne se sont pas tues pour autant. Bravant leurs bourreaux, ils ont continué à scander des slogans favorables à leur pays, le Maroc, et à brandir le drapeau national marocain, une manière on ne peut plus éloquente de dire leur attachement viscéral à leur patrie et à son unité, se plaçant ainsi à la cime de la bravoure et au summum du patriotisme.

N'est-ce pas là le meilleur témoignage qu'une nation peut attendre de ses fils ? Ils sont Marocains, entendent le rester, et n'envisagent leur avenir que dans le Maroc, leur pays et celui de leurs ancêtres. L'autonomie en est le meilleur cadre. A la communauté internationale d'assumer pleinement ses responsabilités, à elle de les protéger. Leur vie est maintenant en danger.