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Répression, torture et meurtre à
huis clos à Tindouf
-(Par Abdelkrim El Mouss)-
Rabat 02/06/06 - Ce qui était latent depuis plusieurs années
dans les camps de Tindouf, est remonté subitement à la surface.
La voix de l'unité, de la marocanité du Sahara y a retenti,
retentissante et sans ambiguïté.
Par leurs manifestations de mardi et mercredi dans les camps de
Lahmada, en territoire algérien, nos concitoyens sahraouis, ont
dit tout haut, à gorge déployée, qu'ils ne se laisseront pas
immoler en silence, qu'ils n'accepteront pas indéfiniment ce
terrible blocus qui leur est imposé, qu'ils refusent d'être
ensevelis dans cette jungle de non-droit que sont les camps de
Tindouf.
C'est la preuve par cent, que les discours en rupture avec la
raison, en déphasage avec les réalités, par lesquels on tente de
les biberonner n'ont eu aucun impact sur leur citoyenneté
marocaine, n'ont pu percer leurs sentiments pour leur patrie,
n'ont pu anesthésier leur patriotisme.
Couper toutes les liaisons communicationnelles avec les camps de
Tindouf pour y réprimer en silence est pour le moins, un geste
d'affolement, un expédient ridicule, un aveu dans la honte, une
tentative dans un sauve qui peut, une véritable débandade.
C'est pourtant la seconde réaction algérienne à ces
manifestations après l'envoi sur place d'un renfort de matraques
et de matraqueurs. C'est l'histoire du Tamis et du soleil, les
rayons percutants de ce dernier se jouent de la grossière
prétention du premier.
Et c'est la rébellion, drapeaux marocains brandis, aux cris à la
gloire de leur Roi, SM Mohammed VI, aux louanges à la sage
initiative marocaine pour une large autonomie dans nos provinces
du sud.
Tout est dit si fort et si bien qu'il n'y a plus rien à redire,
ou plutôt tant à dire.
Ces manifestants, hommes, femmes et enfants qui refusent de
mettre leur âme en berne, ont bravé la mort, eux qui savent
qu'en face d'eux, il n'y a nul tribunal, nul magistrat, nulle
loi, que des tortionnaires, que des baïonnettes au canon, que
des cellules souterraines, que de la répression sous des visages
inimaginables.
Rien de cette sinistre panoplie qui broie tout sur son passage
ne les a dissuadés ou empêchés de livrer publiquement le vrai de
leur pensée, le fond de leur coeur, la ferveur qu'ils vouent à
leur patrie le Maroc, à leur Trône, protecteur et unificateur.
Mais à Alger comme à Tindouf, on est rompu à toutes les
techniques consistant à travestir la vérité, on est familier
avec les labyrinthes de l'amalgame, on est adepte de la
confrérie qui fait de la propagande mensongère, une donnée
ordinaire du débat politique, et qui appréhende le jeu politique
comme une kyrielle d'intrigues et de manoeuvres.
Il est évident que la télévision algérienne qui s'emploie à
farder outrageusement l'ambiance dépressive dans les camps de
Tindouf, pour les présenter dans un mépris total pour ses
téléspectateurs, comme un temple de concorde, ne soufflera un
mot sur ces manifestations, n'en diffusera bien entendu aucune
image ni sous le soleil ni sous la pluie.
Depuis quand dans toute l'histoire de l'humanité, le mensonge
a-t-il pu voiler la vérité ? Depuis quand la répression si
féroce soit-elle, a-t-elle pu venir à bout de l'instinct
populaire ? Depuis quand les dispositifs répressifs ont-ils pu
étouffer la vox populi ? Les réponses à ces questions coulent de
source, encore faut-il se résoudre à se les poser |