|
Le Maroc interpelle la communauté
internationale sur la répression à Tindouf et appelle à
diligenter une enquête à ce sujet
Rabat, 02/06/06- Le Maroc a adressé une lettre au Haut
commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, dans
laquelle il interpelle la communauté internationale sur la
répression sanglante dont ont été victimes les populations
séquestrées à Tindouf et appelle à diligenter une enquête sur
ces violations.
Dans une lettre adressée au Haut commissaire aux droits de
l'homme, Mme Louise Arbour, la mission permanente du Royaume du
Maroc à Genève a rappelé qu'à l'occasion de la préparation de la
visite dans le Royaume, du 15 au 19 mai, de la délégation
onusienne des droits de l'homme, dans le cadre d'une mission
régionale, le gouvernement marocain a assuré sa pleine
coopération et s'est attaché à réunir toutes les conditions de
succès de cette mission.
Les autorités marocaines, précise la lettre, ont, en même temps,
insisté pour que la délégation onusienne accorde la même
importance et le même intérêt aux violations des droits de
l'homme, notamment à l'intérieur des camps de Tindouf.
Les préoccupations marocaines, ajoute la lettre, étaient dûment
justifiées puisqu'au lendemain du départ de la mission du Haut
commissariat de Tindouf, des manifestations ont éclaté dans les
camps, suite à l'agression perpétrée par les éléments du "polisario"
contre M. Habbadi Ould Hmimed de la tribu de Rguibat Laâyaycha.
Une quinzaine de personnes, rappelle la lettre, ont été
blessées, dont 5 se trouvent dans un état grave.
Ces manifestations, qui perdurent depuis mardi dernier dans
plusieurs camps avec le risque d'une aggravation de la
situation, interpellent la communauté internationale, afin
qu'une protection soit assurée à ces populations conformément au
droit international humanitaire, souligne la lettre.
Cette répression sanglante dont ont été victimes les populations
séquestrées de Tindouf, préoccupe le Royaume du Maroc surtout
qu'elle intervient à peine quelques jours après le retour de la
délégation onusienne d'une visite inachevée dans la région.
La lettre souligne que les institutions internationales,
notamment le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de
l'homme, ainsi que le Haut Commissariat pour les Réfugiés, se
doivent d'agir d'urgence, afin de dénoncer cette vague de
répression et tout mettre en oeuvre pour y mettre fin et assurer
la protection de ces populations.
Leur intervention, insiste la lettre, est plus que jamais
impérative, tant auprès de l'Etat algérien sur le territoire
duquel ces exactions sont commises, qu'auprès du "polisario",
dont l'appareil sécuritaire réprime systématiquement tous ceux
qui revendiquent le respect de leurs droits les plus
élémentaires, dont celui de s'exprimer ou circuler librement et
de retourner à la mère patrie.
Le Black-out imposé aux camps de Tindouf et la politique de
répression qui y sévit, depuis trois décennies, ajoute la
lettre, ont déjà fait des centaines de morts, tant parmi les
populations des camps, que parmi les ex-détenus marocains, au
demeurant signalés, à plusieurs reprises, par les ONGs
internationales et le mémorandum remis à la délégation du Haut
commissariat lors de son passage à Rabat, en donne quelques
illustrations.
Il est grand temps, souligne la lettre, que la communauté
internationale et particulièrement les instances internationales
en charge des droits humains et à leur tête le Haut
Commissariat, interviennent afin de briser le silence que le "polisario"
persiste à imposer autour des camps pour maintenir en otage ses
populations, les soumettre à des exactions et continuer
impunément sa politique de traitement inhumain contre ces
populations qu'il prétend défendre.
Le Royaume du Maroc, conclut la lettre, appelle le Haut
commissariat à diligenter une enquête sur ces violations afin de
recueillir à temps les éléments d'informations nécessaires,
identifier les responsables de ces violations et demander à
l'Algérie de les présenter à la justice et de prévenir toute
récidive. |