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Le Maroc condamne la campagne de
répression menée par le "Polisario" et souhaite que la lumière
soit faite sur ces évènements
New York, 03/06/06 - Le Maroc condamne fermement la campagne de
répression brutale menée dans les camps de Tindouf par les
milices armées du "Polisario", et souhaite que toute la lumière
soit faite sur ces évènements et que les responsabilités en
soient clairement établies.
Dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations
Unies, M. Kofi Annan, relative à la situation prévalant
actuellement dans les camps de Tindouf, ainsi qu'à la suspension
de l'opération d'échange de visites familiales, l'ambassadeur,
représentant permanent du Maroc auprès de l'ONU, M.El Mostafa
Sahel, attire l'attention de M. Annan sur la multiplication des
témoignages faisant état d'une détérioration alarmante de la
situation des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf, au
Sud de l'Algérie.
Ces témoignages, précise-t-il, font état d'une campagne de
répression brutale menée par les milices armées du "Polisario",
contre un large soulèvement populaire pacifique, enclenché dans
les camps du "27 février" et de "Smara", suite à l'arrestation
et la torture, en public, de Habbadi Ould Hmimed, en raison de
son opposition aux thèses du "Polisario".
M. Sahel souligne que ces agissements portent une atteinte grave
aux droits humains les plus élémentaires des personnes
séquestrées dans les camps. Au même titre, souligne-t-il, le
Royaume rappelle la responsabilité de l'Algérie en matière de
sauvegarde de l'intégrité physique de la population des camps,
ajoutant qu'une responsabilité particulière incombe à ce pays,
qui accueille les camps et abrite les structures, notamment
armées, du "Polisario".
Les témoignages en provenance des camps- étayés par les
communiqués publiés par les leaders du soulèvement-, indiquent
que les populations se mobilisent contre le climat d'injustice,
qui prévaut dans ces camps, ajoute-t-il, précisant que les
manifestants se révoltent, en effet, contre l'exploitation de
leurs souffrances par les dignitaires du ''polisario", notamment
à travers le détournement de l'aide humanitaire internationale,
destinée à satisfaire les besoins vitaux des populations
maintenues dans le dénuement et la privation.
La lettre fait savoir que la répression du soulèvement est
actuellement menée, de manière brutale, par des miliciens armés
relevant directement de la direction du "polisario".
"A ce jour, précise-t-elle, une vingtaine de personnes ont été
victimes de blessures plus ou moins graves et cinq d'entre elles
se trouvent dans un état critique, à savoir Sid Ahmed ould
Mouloud Ould Bara, Zakaria Ould Mohamed Salem Ould Abdallah,
Haddi Ould Salama Ould Nafaa, Ahmed Ould Mohamed Ali Ould
Mohamed Cheikh et Aaliouat Ould Mohamed Lamine Ould Ba Ali".
De même, précise encore la lettre, une vingtaine de personnes
ont été arrêtées et incarcérées dans une prison dans la zone de
Dhibia, près de Tindouf, au Sud de l'Algérie, soulignant que
toute personne refusant d'obtempérer, est automatiquement
torturée en public et emprisonnée.
Des recherches intenses sont lancées à l'encontre de plusieurs
leaders du soulèvement qui ont pris la fuite et certains,
d'entre eux, appartiennent au cercle rapproché de la direction
du "Polisario", ce qui révèle que le soulèvement touche toutes
les catégories de la population des camps, ajoute la lettre.
En outre, un état de siège a été instauré, après qu'un vaste
mouvement s'est organisé pour entreprendre une marche à partir
de l'ensemble des camps, vers les locaux de la direction du
"Polisario" à Rabboni, note la lettre, ajoutant que les milices
armées encerclent actuellement tous les camps.
M. Sahel relève que cette mesure, qui vise également à prévenir
tout contact avec l'extérieur, est de nature à empêcher le HCR
d'exécuter son mandat, notamment en matière de protection de la
population des camps.
Le Maroc, poursuit la lettre, considère que ces développements
illustrent la pertinence de l'appréciation que le secrétaire
général de l'ONU a faite dans son rapport sur le sahara du 19
avril dernier concernant " la nécessité, pour l'ensemble des
parties, de trouver une solution politique, permettant de sortir
de l'impasse actuelle à travers un règlement négocié à ce
différend artificiel".
A la lumière de ces événements, souligne M. Sahel, " force est
de constater qu'il existe une volonté délibérée d'isoler les
camps et de taire les voix contestataires de leurs habitants ",
ajoutant que le Maroc "craint, en outre, que cette campagne de
répression - qui intervient quelques jours après la Mission du
Haut Commissariat aux Droits de l'Homme dans la région - ne
conduise à détériorer davantage la situation humanitaire dans
les camps".
Aussi, le Maroc souhaite-t-il que "toute la lumière soit faite
sur ces évènements et que les responsabilités en soient
clairement établies", souligne la lettre.
La lettre fait remarquer que "ces développements ne sont pas
étrangers à la récente décision du +Polisario+, de suspendre,
unilatéralement, l'opération d'échange de visites familiales,
programmée par le HCR dans le cadre des mesures de confiance ".
A cet égard, M. Sahel attire l'attention de M. Annan sur le
refus du "Polisario" de poursuivre cette opération, dont la
prochaine étape était prévue, le 2 juin, déplorant que plus de
12.000 bénéficiaires, inscrits dans les camps de Tindouf, se
trouvent ainsi privés de l'opportunité de revoir leurs proches,
bien que le Conseil de Sécurité ait renouvelé, dans sa
résolution 1675 du 28 avril dernier, son appui à la poursuite
des "mesures de confiance qui permettent de multiplier les
contacts entre les membres séparés d'une même famille". |