Camps de Tindouf:  Silence, on tue

 

Répression, torture et meurtre à huis clos à Tindouf       

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M. Loulichki : le HCR doit intervenir pour briser le silence que le "polisario" impose autour des camps de séquestration

Genève, 02/006/06 - Il est grand temps que la communauté internationale, particulièrement le Haut Commissariat des Nations Unis pour les réfugiés (HCR), interviennent pour briser le silence que le "polisario" persiste à imposer autour des camps pour y maintenir les populations en otage, les soumettre à des exactions et continuer impunément sa politique de traitement inhumain contre ces populations qu'il prétend défendre, a souligné l'Ambassadeur, Représentant Permanent du Maroc à Genève, M. Mohamed Loulichki, dans une lettre adressée au Haut commissaire pour les réfugiés, M. Antonio Guterres.

"Le Royaume du Maroc vous prie de bien vouloir diligenter une enquête afin de recueillir, à temps, les éléments d'informations nécessaires sur ces violations et prendre les dispositions qui s'imposent pour garantir la protection de ces populations contre d'éventuelles représailles", écrit M.Loulichki à l'adresse de M. Guterres.

Le diplomate marocain a noté que "ces malheureux développements révèlent l'urgence pour le HCR de s'acquitter d'une de ses principales obligations, celle d'informer ces populations de tous leurs droits et, principalement, celui de retourner librement et sans restriction à leurs pays d'origine".

Il a rappelé, à ce propos, que le Royaume du Maroc n'a cessé, depuis le début du différend sur le Sahara, d'appeler le HCR à procéder à l'application de son mandat humanitaire dans les camps de Tindouf en territoire algérien, afin d'assurer protection et assistance à ces populations, en attendant leur rapatriement librement consenti.

"Tout particulièrement, les autorités marocaines ont exprimé, à maintes reprises, leurs préoccupations pour les multiples violations des droits fondamentaux de la personne humaine que subissent les milliers de Marocains civils qui se trouvent encore dans les camps, privés de la liberté d'expression et de circulation et victimes de toutes les exactions, en violation des règles du droit international humanitaire", a-t-il rappelé.

Et de relever que "les tragiques événements survenus, le 30 mai dernier, dans les camps de Tindouf ont démontré le bien-fondé de ces préoccupations puisque, encore une fois, cette population a été victime d'une répression sanglante visant à réprimer une manifestation qui a éclaté dans les camps, suite à l'agression perpétrée, par les éléments du "polisario" contre M.

Habbadi Ould Mohamed Lamine Ould Hmimed de la tribu de R'guibat Laâyaycha", précisant que cette répression s'est soldée par une quinzaine de blessés dont cinq se trouvent dans un état grave.

Ces manifestations, qui perdurent depuis mardi dernier dans plusieurs camps avec le risque d'une aggravation de la situation, interpellent la communauté internationale, afin qu'une protection soit assurée à ces populations conformément au droit international humanitaire, a affirmé M. Loulichki, rappelant que le HCR dont le mandat primordial est de protéger les populations dont il a la charge, se doit d'agir d'urgence, afin de dénoncer cette vague de répression et tout mettre en oeuvre pour y mettre fin et assurer la protection de ces populations.

"Votre intervention est plus que jamais impérative, tant auprès de l'Etat algérien, partie à la Convention de 1951 et au Protocole de 1967 sur les réfugiés, qu'auprès du "polisario", dont l'appareil sécuritaire réprime, systématiquement, tous ceux qui revendiquent le respect de leurs droits les plus élémentaires, dont celui de s'exprimer ou de circuler librement et de retourner à la mère patrie", a-t-il dit à l'adresse de M. Guterres.

Il déplore que le Black-out imposé aux camps de Tindouf et la politique de répression qui y sévit, depuis trois décennies, aient déjà fait des centaines de morts, tant parmi les populations des camps, que parmi les ex-détenus marocains, rappelant à ce propos que les ONGs internationales n'ont d'ailleurs pas manqué de dénoncer, en leur temps, ces crimes contre l'humanité.