Camps de Tindouf:  Silence, on tue

 

Répression, torture et meurtre à huis clos à Tindouf        

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Des dissidents du "Polisario" dénoncent la répression dans les camps de Tindouf

Tindouf, 01/06/06- "La Ligne du Martyr", un mouvement dissident du "polisario", a souligné que les nouvelles manifestations dans les camps de Lahmada, en Algérie, augurent d'une explosion violente et peuvent dégénérer en raison de la grande vague de mécontentement qui y sévit, qualifiant la direction du "polisario" "d'impuissante, de piteuse et de despotique qui fait des souffrances de nos familles dans les camps son fonds de commerce depuis trois décennies".

Un communiqué de "La Ligne du Martyr" a précisé que cette Intifada a débuté par des communiqués de protestation contre le despotisme de cette direction corrompue, qui se livre au détournement de deniers publics ignorant les souffrances des populations dans les camps impitoyables de Lahmada, en Algérie.

Ces incidents se produisent quelques jours seulement après la fin de la mission d'une délégation du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme dans les camps, laquelle mission s'est déroulée dans un black-out total, alors que la direction du "polisario" a lancé au grand jour une grande campagne de répression, liquidation et d'incarcération de dizaines de personnes.

La première étincelle de cette Intifada a éclaté quand les milices de la répression qui relèvent de Mohamed Abdelaziz ont procédé à l'arrestation de Habbadi Ould Mohamed Lamine Ould Hmimed de la tribu de "laâyaycha" et l'ont soumis à la torture devant femmes et enfants, dans l'école du "27 février", après quoi il a été évacué vers un hôpital dans un état critique.

Selon le communiqué, des vagues de manifestants parmi les populations des camps en colère se sont dirigées vers le "siège" de la soi-disant police de Mohamed Abdelaziz, érigée en "un instrument de répression de nos populations dans les camps, qu'elles ont saccagé et incendié après avoir demandé aux miliciens de quitter les lieux".

Les manifestants ont également mis le feu aux véhicules de la "police" et en ont détruit d'autres. Quelques heures après, les manifestants ont été encerclés par des miliciens de la " gendarmerie " de Mohamed Abdelaziz après que plusieurs "policiers " ont refusé de charger leurs familles et proches, ce qui a donné lieu au carnage. Plusieurs personnes, jeunes et moins jeunes, ont été blessées, alors que 19 autres ont été incarcérés et évacués dans des véhicules vers une prison effroyable dans la zone de Dhibia, au sud-ouest de Rabboni.

La même source précise en outre que 17 jeunes ont été blessés, dont cinq se trouvent dans un état critique, à savoir Sid Ahmed Ould Mouloud Ould Bara, de la tribu Bouihat, Zakaria Ould Mohamed Salem Ould Abdallah, de la tribu Thalat (dont l'oncle est le célèbre poète connu sous le nom de Baddi), Haddi Ould Salama Ould Nafaâ, de la tribu de Laâyaycha, Ahmed Ould Mohamed Ali Ould Mohamed Cheikh, de la même tribu, ainsi que Aaliouat Ould Mohamed Lamine Ould Ba Ali.

Lahbib Ould Salama Ould Abdedallah se trouve, quant à lui, dans un état comateux entre la vie et la mort, alors que le dénommé Khatri Ali Ahmadou a essayé, lors des affrontements sanglants avec les milices, de prendre la fuite à bord d'un véhicule de type " Toyota " qui a essuyé des tirs. Ce jeune se trouve dans un état critique.

Les populations ont alors décidé de déclencher un grand soulèvement et d'organiser des marches à partir de l'ensemble des camps vers le "siège" de Mohamed Abdelaziz au " secrétariat général " à Rabboni. Face à cette situation, les milices de la " gendarmerie ", de la "police" et de l' "armée" ont procédé à l'encerclement de tous les camps et y ont interdit toute sortie aux populations, en déclarant l'état d'exception. Toute personne refusant d'obtempérer est automatiquement torturée et jetée dans des geôles secrètes.

Le communiqué souligne que des recherches ont été diligentées afin de retrouver le dénommé Alouimine Ould Mohamed Yeslam Ould Miles de la tribu de "Laâyaycha" - son père est considéré comme l'un des plus proches conseillers économique de Mohamed Abdelaziz - ce qui démontre de façon sans équivoque que le soulèvement est global et généralisé et concerne toutes les catégories des populations des camps y compris celles considérées comme proches de la direction du "polisario". Les recherches sont, en effet, en cours pour retrouver sa mère, Mhimida Ment Hmida Ould Said, qui est l'épouse d'un des membres du "secrétariat national" et homme d'affaires dans les camps.

Plus de 50 femmes et jeunes filles, dont la majorité est originaire des tribus de Rguibat, ont organisé, jeudi, un sit-in à l'intérieur de la "résidence" de Mohamed Abdelaziz et ont scandé des slogans qui lui sont hostiles ainsi qu'à sa bande. Elles ont également enlevé leurs Mlahfa (NDLR : tenue des femmes au Sahara) en signe de protestation et de colère, appelant à la libération de leurs enfants et proches et à la traduction devant la justice des tortionnaires et des bourreaux des "autorités", la "gendarmerie" et de "la police", poursuit le communiqué.

La même source précise qu'à l'heure actuelle, l'ensemble des instruments de répression de Mohamed Abdelaziz n'a pu les déloger du "siège" du "secrétariat général" à Rabboni, ce qui a poussé les milices à les encercler et à les empêcher d'entreprendre tout contact avec l'extérieur, ajoutant que la situation dangereuse dans les camps de Lahmada augure d'une grande explosion.

Parmi les slogans scandés par les manifestants figurent : "Trente ans de despotisme et d'autorité corrompue", "Ouverture d'un dialogue national sans exclusive ni marginalisation", "Nécessité d'ouvrir le dialogue pour déterminer le chemin à suivre" et "Que cesse l'utilisation des souffrances des populations de Lahmada en tant que fonds de commerce", conclut le communiqué.