Camps de Tindouf:  Silence, on tue

 

Répression, torture et meurtre à huis clos à Tindouf       

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Un collectif d'associations en Belgique interpelle instances nationales et internationales sur la situation à Tindouf

Bruxelles, 06/06/06 - La Coordination Belgo-Marocaine pour le Sahara Marocain, un collectif regroupant différentes associations Marocaines en Belgique, s'est déclarée mardi "particulièrement inquiète" de la situation qui prévaut dans les camps de Tindouf, et lancé un "appel urgent à toutes les instances nationales, européennes et internationales pour qu'elles se saisissent de ce dossier".

Le sort des Marocains Sahraouis séquestrés dans les camps de Tindouf est d'autant plus inquiétant qu'il "n'y a plus moyen d'entrer en contact avec eux puisque l'Algérie a coupé tout moyen de communication suite aux récentes manifestations qu'elle a sauvagement réprimées", a indiqué Latifa Aït Baala, responsable au sein de la Coordination.

"Nous interpellons toutes les autorités politiques afin que la diplomatie internationale se penche sur les violations manifestes des droits humains et des libertés fondamentales dont sont victimes nos compatriotes et qu'elle oeuvre rapidement à la résolution de ce conflit artificiel orchestré par l'Algérie", a insisté cette juriste, ancienne assistante parlementaire au Parlement européen.

Pour elle, les autorités politiques ont "une responsabilité morale et historique. Demain, il sera peut-être trop tard, on ne pourra pas nous dire qu'on ne savait pas ce qui se passait dans les camps". Elle a réitéré, dans une déclaration à la MAP, l'appel de la Coordination à "tous les responsables politiques en Belgique quel que soit le niveau de pouvoir, aux institutions européennes et en particulier au Parlement européen et au Commissaire Louis Michel, en charge du développement et de l'aide humanitaire, au Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan, à Mme Louise Harbour, Haut Commissaire aux droits de l'homme ainsi qu'au Haut Commissariat pour les Réfugiés".

Ces différentes instances "doivent mener des missions d'enquête afin de faire toute la lumière sur la réalité de la situation dans les camps et permettre ainsi la poursuite en justice devant les instances internationales compétentes, de tous les responsables des exactions commises contre les populations Sahraouies par l'Algérie et les membres du polisario", a ajouté Mme Aït Baala.

De leur côté, les instances de contrôle des fonds et notamment l'Office européen de Lutte Anti-Fraude (OLAF) "doivent mener des enquêtes sur le détournement des fonds octroyés au titre de l'aide humanitaire internationale et les conclusions de ces enquêtes doivent être rendues publiques", a-t-elle souligné.

Il est aussi "impératif que l'Algérie permette au Haut Commissariat pour les Réfugiés de procéder au recensement de tous les séquestrés afin qu'ils soient formellement identifiés et leurs besoins évalués", a ajouté Mme Baala, réitérant la demande de la Coordination pour une "libération inconditionnelle de tous les séquestrés de Tindouf et le retour librement consenti de tous dans leur mère patrie, le Maroc".