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Corruption: des efforts inlassables pour consacrer les droits socio-économiques et moraliser la vie publique---(Par Jawad Touioual)---
Rabat, 08/12/08- Le Maroc a fait de la lutte contre la corruption un cheval de bataille pour consacrer encore davantage les droits économiques et sociaux des citoyens, conformément aux principes et valeurs de la déclaration universelle des droits de l'Homme, témoignant ainsi de son ferme attachement aux règles de la démocratie, qui constituent la voie indiquée pour bâtir une société démocratique, moderne et solidaire.
La lutte contre ce fléau de société s'inscrit dans cette logique qui préside aux différentes actions entreprises par les autorités pour garantir et préserver l'égalité des chances entre tous les citoyens et construire une économie forte et compétitive capable de créer des opportunités d'emploi, permettant ainsi au pays de se doter de ressources nécessaires pour relever les défis sociaux et faire face à la corruption qui entrave le processus de développement. La moralisation de la vie publique, à travers le renforcement des mécanismes législatifs et juridiques et la lutte contre les déséquilibres qui sont de nature à entraver les chantiers d'envergure ouverts partout dans le pays, constitue le cadre idoine que le Royaume n'a cessé, durant les dernières années, de consacrer pour consolider les valeurs de l'égalité et de l'équité sociales et persévérer sur la voie de la suprématie de l'Etat de droit, de la bonne gouvernance et du développement durable. Le Maroc, qui a signé en décembre 2003 la Convention de l'ONU contre la corruption (UNCAC) appelant chaque pays à mettre en place une instance de lutte spécialisée, n'a pas attendu longtemps pour engager la lutte contre ce fléau et ses effets néfastes. Il a pris dans ce cadre une batterie de mesures et de dispositions pratiques qui jettent les bases d'une politique de prévention contre la corruption et qui sont de nature à limiter son impact négatif sur le plan socio-économique et à consolider les mesures répressives et de contrôle à même de venir à bout de ce fléau. Désormais, société civile, pouvoirs publics et citoyens sont amplement conscients que la corruption, petite et grande, continue de gangrener la société et l'économie et que seuls une concertation et un travail vigoureux et la main dans la main, de ces trois composantes sont à même de juguler le fléau. L'initiative de SM le Roi Mohammed VI de créer une Instance centrale pour la Prévention de la Corruption (ICPC) et la nomination en août dernier de M. Abdesselam Aboudrar à sa tête, s'inscrivent parfaitement dans cet esprit de prise de conscience et traduit bel et bien la volonté hautement politique d'enrayer ce fléau. L'ICPC, dont les membres ont été installés mardi par le Premier ministre, M. Abbas El Fassi, se veut, de ce fait, une action concrète et sérieuse en direction de l'application des conventions internationales dans le domaine des droits de l'Homme, par la mise en ½uvre de plusieurs mécanismes de contrôle et de répression et de lutte contre l'économie de rente, les privilèges, le clientélisme, l'abus de pouvoir, la dilapidation et le détournement des deniers publics et la fraude fiscale. Eu égard à l'augmentation du nombre des dossiers de corruption devant les tribunaux, qui sont passés de 5.051 en 2005 à 5.862 en 2006, selon le ministère de la Justice, l'ICPC intervient donc à point nommé pour poursuivre les efforts inlassables déployés par les pouvoirs publics pour renforcer le cadre institutionnel de lutte, mettre en ½uvre les principes de la transparence dans la gestion des marchés publics et renforcer les systèmes de suivi et de contrôle. Cette nouvelle instance se place au c½ur de cette dynamique qui vise la consécration des droits socio-économiques et la lutte contre les pratiques qui y portent atteinte à travers une utilisation efficace de ses différents mécanismes de prévention, qui en fait une institution d'orientation et de consultation, un mécanisme d'évaluation, un forum de communication et de sensibilisation et un instrument de diagnostique et de dénonciation de tout ce qui se rapporte de près ou de loin à la corruption, a indiqué le président de ICPC, M. Abdesselam Aboudrar, dans une déclaration à la MAP. L'ICPC, qui se dotera prochainement d'un plan d'action global et concerté garantissant l'égalité des chances et se basant sur une réforme progressive du système de la gouvernance, se veut une institution au service de la consécration et de la promotion du "système national de l'honnêteté", à travers le renforcement de la responsabilité dans la gestion des ressources humaines et financières publiques, la facilitation des procédures administratives, la promotion de la gouvernance, l'ouverture sur la société et son implication dans les efforts visant l'éradication de la corruption et le renforcement des mesures répressives, bref en rendant le secteur public plus transparent et plus accessible à tous et sur un pied d'égalité, a précisé M. Aboudrar en évoquant les grandes orientations de l'ICPC. La valeur ajoutée que peut apporter cette nouvelle Instance réside dans le fait qu'elle s'impose comme une force de proposition et de conseil capable d'assumer son rôle de lutte contre la corruption grâce à l'ouverture de ses structures de décision et d'exécution sur tous les secteurs gouvernementaux, organismes professionnels et acteurs de la société civile, a-t-il ajouté. Concernant les relations de cette Instance avec les autres organisations et associations actives dans le domaine de la lutte contre la corruption, M. Aboudrar a souligné que cette relation sera empreinte de complémentarité dans la mesure où les objectifs de l'ICPC et ceux des autres structures vont dans le même sens et ont la même finalité à savoir la moralisation de la vie publique et la lutte contre la corruption sous toutes ses formes, invitant ces dernières à s'unir dans la perspective de la constitution d'une "coalition objective" contre la corruption, qui a pour ambition unique la propagation des valeurs de l'honnêteté et de la transparence. Les attentes des Marocains de cette nouvelle Instance sont grandes et multiples et versent toutes dans le sens de la garantie des droits élémentaires du citoyen qui ne doit plus être contraint de recourir à la corruption ou au clientélisme, a-t-il noté, ajoutant que la lutte contre la corruption ne passe pas seulement par le renforcement des mesures répressives, mais également par la moralisation de la vie publique et l'adoption de réformes de fond dans le domaine de la gouvernance et de la lutte contre les malversations. L'ICPC a pour missions de coordonner, superviser et assurer le suivi et la mise en oeuvre des politiques de prévention de la corruption, et de recueillir et diffuser les informations dans ce domaine. Elle est appelée également à proposer au gouvernement les grandes orientations d'une politique de prévention de la corruption, notamment en matière de coopération entre le secteur public et le secteur privé pour lutter contre ce phénomène. Elle est appelée également à donner aux autorités administratives des avis sur les mesures susceptibles d'être prises pour prévenir des faits de corruption, collecter toutes les informations en relation avec ce phénomène et gérer la base de données y afférentes, ainsi que d'informer l'autorité judiciaire compétente de tous les faits portés à sa connaissance
Dernière modification
08/12/2008 11:49.
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